Les 5 raisons du succès des médias long format

Posté par: Hadrien COTTIN 23/01/2017

Qui a le temps de lire de nos jours? Nous sommes bombardés par jusqu'à 5000 messages commerciaux dans une journée typique, 7 094 tweets sont envoyés chaque seconde : la durée d’attention semble réduite à quelques secondes. Et pourtant...

Dans un monde médiatique dominé par les 140 caractères et les rafales instantanées de contenu, un nouvel engouement émerge pour le journalisme de longue durée, et au long format.

Tour d’horizon, à Berlin, Paris, Londres et New York pour découvrir pourquoi le monde des médias réapprend le temps long. Et pourquoi ça marche.

Pour lire l'article complet, voir ci-dessous...

À bien des égards, le renouveau du journalisme de longue durée est un retour aux médias traditionnels. Dans les années 1960, lorsque le magazine Esquire a publié les 13 781 mots du récit de Norman Mailer sur JFK, la forme longue était la norme. Pourtant, la télévision s'emprant d'une part croissante des dépenses publicitaires, les budgets restants ont diminué et l'espace pour ces marathons rédactionnels est devenu rare. Mais la clé était déjà là… et Esquire s’est fait un nom, courant jusqu’à aujord’hui, avec ce type de contenu.

Pas de limite au journalisme

En Allemagne, en 2000, quand les articles long format n'avaient pas encore connu leur trou d’air, deux supporters de foot, Philipp Köster et Reinaldo Coddou, ont lancé un fanzine appelé 11 Freunde (11 Amis), avec un tirage à 3 000 exemplaires. Selon leurs recherches, ils savaient que les lecteurs aimeraient passer du temps avec le magazine ; Il s'agissait d’entrer dans le monde de 11 Freunde, de faire du temps passé un vecteur de l’expérience et une base de la fidélité. D’où une règle simple, et – en apparence – délirante pour un titre papier : pas de nombre maximal de mots par article.

La French Connection

Un défi également un peu fou a inspiré le lancement de So Foot en France en 2003. Franck Annese a tout simplement créé un magazine extrêmement réussi ; So Foot, c’est le pari gagné du contenu, et la preuve qu’un journalisme de qualité peut s’emparer d’une niche, voire même l’étendre.

Se frotter aux marques

« J'aime l'idée de quelque chose qui vous donne la possibilité de prendre du recul » explique Dan Hagen, directeur de la stratégie chez Carat UK. « Parce que nous sommes tellement préprogrammés pour réfléchir à ‘maintenant’ et à rien d’autre. » Hagen pense que les annonceurs pourraient bénéficier du « Brand Rub », qui signifie l’association entre le contenu d’un titre et l’image d’une marque, association renforcée par le temps long et l’expérience prolongée.

La valeur intrinsèque du long format

Certaines des nouvelles publications, entre magazine et livre, ne reposent pas sur la publicité… et pour Dan Hagen, cela pourrait précisément être une idée – marketing – de génie.

« On doit dépasser cet état d’esprit où les annonces publicitaires font partie du prix que le consommateur paie pour consulter un média, acheter un magazine. Il faut quelque chose de plus dynamique. »

Michael Brunt, directeur marketing de The Economist estime ainsi que « les gens continueront à valoriser l'expérience qui consiste à tenir un magazine imprimé dans leurs mains. Au cours des prochaines années, les publications imprimées seront de plus en plus identifiées comme des articles de luxe abordables. » Des formats plus longs, plus denses, valorisant moins et mieux un potentiel partenariat marketing. Une alternative au fourmillement à faible valeur ?